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Algérie, c’est parti : La première manifestation contre le régime a eu lieu au Sahara
http://mobile.agoravox.fr/actualites/international/article/algerie-c-est-parti-la-premiere-88650

samedi 12 février - par D.BENCHENOUF

Ce fut un truisme, que de dire des Tunisiens qu'ils étaient le plus doux, et le plus paisible des peuples du Maghreb. Et qui ne se soulèveraient donc jamais contre le régime qui les opprimait.

La révolution de Jasmin a culbuté ces idées toutes faites. Puisque non seulement les Tunisiens purent chasser, tout seuls, l'un des régimes les plus féroces du monde, mais ils allaient devenir un exemple à suivre, pour tous les peuples de la région.

En Algérie, Il ne serait venu à l'idée de personne que les Mozabites, musulmans Ibadites, réputés appartenir à une communauté très fermée, et particulièrement paisible, puissent entreprendre la moindre petite action contre le régime qui opprime tous les Algériens.

Et voilà que ce sont ces Mozabites qui, de tous les Algériens, sont les premiers à manifester contre le régime. Ah ! Ces idées reçues...

Grosse suprise, en réalité.

Pendant que le pouvoir magouillait des choses et d'autres, et qu'il mettait en place tout un dispositif pour contrecarrer toute manifestation à Alger, et dans les grandes villes algériennes, c'est dans le sud du pays, au Sahara, à Ghardaïa, plus précisément, que la première manifestation contre le régime a éclaté !

Et comme de bien ententu, les médias algériens, et particulièrement la Télévision, n'en ont soufflé mot. Idem pour la presse étrangère, dont les correspondaants à Alger étaient aux abonnés absents. Pas une seule ligne ! Ni la moindre allusion.

Pourtant, ce qui s'est passé à Ghardaïa est bel et bien une manifestation politique, avec banderolles et slogans. Et quels slogans ! Puisque les manifestants ne réclamaient pas moins que le ralliement de tout le peuple algérien, jusqu'à la chute totale du régime.

Cette marche, symbolique à plus d'un titre, aura été la première à avoir brisé cette lourde ambiance qui pèse sur tout le pays, pendant des semaines. Et elle sera certainement un signal, et un modèle, pour le reste du pays.

Un signal, parce que la chape de plomb a enfin été levée, que la peur a été exorcisée, et un modèle, parce que cette marche a été réellement exemplaire. A plus forte raison qu'elle a été entreprise par les citoyens du M'zab, dont le civisme, le pacifisme et la conscience politique sont autant de qualités typiques de cette région.

Parfaitement bien organisés, brandissant des banderoles qui appellent au changement, les manifestants ont clamé des slogans qui ne laissent aucune place à une quelconque ambiguïté : « Chaab yourid iskat ennidham »(Le peuple exige la chute du régime), « En nidhal, en nidhal, hata yeskout ennidham »(Militons, militons, jusqu'à la chute du régime).

Cette manifestation, qui s'est voulue résolument politique, s'est déroulée dans le calme. Aucune dégradation du mobilier urbain, ni la moindre violence n'ont été déplorées, contrairement aux émeutes quelques peu violentes qui ont lieu à Alger, il y a quelques semaines. Des manifestations qui ont vite tourné à la jacquerie, faute d'organisation. Mais aussi, il faut le dire, à cause d'agents provocateurs du DRS (Police politique du régime), dont le rôle a toujours été, à chaque manifestation de la rue, de pousser les jeunes émeutiers à la dévastation et au pillage. Une méthode éprouvée, par le régime, pour créer une peur panique au sein des populations, et s'ériger ainsi en sauveur de la paix civile.

Rien de tel, dans cette manifestation des habitants du M'Zab. Forte de plusieurs centaines de manifestants, la marche s'est ébranlée depuis La Cour de justice de Justice jusqu'à la prison de la ville, et de celle-ci vers la Salle d'une Association, en traversant plusieurs artères de la ville. Les services de sécurité, venus en renfort, ne sont pas intervenus, et sont restés à distance.

Après la manifestation, des débats ont été organisés par les Docteurs Kamel Eddine Fekhar et Salah Eddine Sidhoum, tous deux défenseurs des Droits de l'Homme, autour de la situation en Algérie, et des actions qu'il sera nécessaire d'entreprendre afin de hâter un changement radical et pacifique du régime, pour l'avènement d'un Etat de Droit.

Bon augure pour l'Algérie où tout le monde est dans l'attente d'une explosion annoncée, et dont on dit déjà qu'elle ne s'apaisera qu'avec le départ de tout le régime. Mais où tout le monde craint que le régime ne parvienne, comme à l'accoutumée, à faire dégenerer le soulèvement populaire en chaos. Comme les régimes de Tunisie et d'Egypte ont tenté de la faire dans ces pays.

D.Benchenouf
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Posté le 12/02/2011 à 13:11:10 (id:146325)
A Alger, les manifestants entament leur marche vers la place des Martyrs
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/02/12/echauffourees-a-alger-avant-une-manifestation-de-l-opposition_1478998_3212.html#ens_id=1461890

LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 12.02.11 | 10h48 • Mis à jour le 12.02.11 | 11h28

Environ 2 000 manifestants bloqués par un important dispositif des forces de l'ordre sur la place de la Concorde (plus connue sous son ancien nom de place du 1er-Mai), ont forcé le cordon de sécurité, samedi 12 février vers 11 heures, et commencé à marcher en direction de leur point d'arrivée, la place des Martyrs.

Des milliers de policiers anti-émeutes étaient déployés dans le centre d'Alger pour empêcher la tenue de cette manifestation de l'opposition, interdite par les autorités. Au lendemain du renversement du président égyptien Hosni Moubarak, et un mois après celui du dirigeant tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, Abdelaziz Bouteflika a en effet renforcé les mesures de sécurité dans la capitale.

Une demi-heure plus tôt, des échauffourées étaient signalés aux abords de la place. Quelques centaines de manifestants scandant "Bouteflika dehors" ont en effet été empêchés de rejoindre la place et au moins deux d'entre eux ont été interpellés, selon l'AFP, dont un député du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Othmane Maazouz. D'autres journalistes ont indiqué avoir assisté à plusieurs interpellations, tandis que le président du RCD Saïd Sadi s'est indigné que "le doyen de la Ligue de défense des droits de l'homme, Ali Yahia Abdelnour, âgé de 90 ans, ait été malmené" par les forces de l'ordre.

Vendredi, les policiers étaient déjà intervenus avec force contre des manifestants saluant la chute du président égyptien Hosni Moubarak. Le RCD avait alors fait état "de blessés et au moins une dizaine d'interpellations".

NE PAS RÉAGIR AVEC UNE "FORCE EXCESSIVE"

Les autorités disent avoir interdit cette manifestation pour des raisons d'ordre public et non par volonté d'étouffer des voix discordantes. "Les Algériens doivent être autorisés à s'exprimer librement et à organiser des manifestations pacifiques à Alger et ailleurs", écrit Amnesty International dans un communiqué qui invite les autorités algériennes à ne pas réagir par une "force excessive".

Sur le parcours prévu de la marche, depuis la place du 1er-Mai jusqu'à la place des Martyrs en passant par le front de mer, des véhicules blindés, des chasse-neige transformés pour dégager les barricades et des canons à eau ont été positionnés. Aux abords du siège du RCD, des dizaines de policiers anti-émeutes équipés de casques, de matraques et de boucliers en plexiglas étaient en faction.

"UN GRAND JOUR"

Créée le 21 janvier dans la foulée des émeutes du début de l'année contre la vie chère, la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), formée de partis d'opposition, de la société civile et de syndicats autonomes, est à l'origine de l'appel à manifester. "Nous sommes prêts pour la manifestation", a déclaré Mohcine Belabbas, secrétaire national du RCD. "Ce sera un grand jour pour la démocratie en Algérie."

Plusieurs villes algériennes, mais aussi des Algériens en France, au Canada et ailleurs en Occident, ont annoncé des manifestations parallèles. A Oran, elles sont interdites mais un rassemblement est prévu sur la Place du 1er-Novembre devant la mairie. Des marches sont aussi préparées en Kabylie, à Tizi Ouzou, à Boumerdès, à Bejaïa et à Tipaza.

PAS D'UNANIMITÉ AU SEIN DE L'OPPOSITION

L'initiative a toutefois été rejetée par plusieurs syndicats et formations d'opposition historiques : le Front des forces socialistes de Hocine Aït Ahmed, qui a dénoncé une "surenchère verbale", selon la radio nationale, le Front national algérien (15 députés sur 389), le Parti des travailleurs (26 députés) et le syndicat national autonome des personnels de l'administration publique (SNAPAP).

Les autorités algériennes affirment œuvrer en faveur de la création d'emplois, de la construction de nouveaux logements et de l'amélioration des services publics. Bouteflika a annoncé le 3 février la levée "dans un très proche avenir" de l'état d'urgence en vigueur depuis 1992. Le gouvernement est récemment intervenu pour faire baisser le prix de certaines denrées de base et il a accru les importations de blé.
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Posté le 12/02/2011 à 12:56:10 (id:146324)
15.000 personnes manifestent contre le gouvernement au Caire
http://www.liberation.f...es-manifestent-au-caire

25/01/2011 à 15h40

La police égyptienne a tiré des gaz lacrymogènes contre des milliers de manifestants protestant mardi contre le gouvernement dans le centre du Caire, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les manifestants brandissant des drapeaux égyptiens et lançant des slogans pour des réformes politiques et sociales sont rassemblés sur la grande place Tahrir, proche de nombreux bâtiments officiels, face à un important dispositif policier.

La manifestation a un peu reculé mais ne s'est pas dispersée. La police a en retour essuyé quelques jets de pierres.

Un peu plus loin, la police a utilisé des canons à eau contre des manifestants aux abords du Parlement.

Quelque 15.000 personnes participaient mardi après-midi dans divers quartiers du Caire aux manifestations pour des réformes politiques et sociales, inspirées par l'exemple tunisien, a-t-on appris auprès des services de sécurité.

Des rassemblements étaient également signalés en province, notamment à Alexandrie (nord), la deuxième ville du pays, à Assouan et Assiout (sud), dans plusieurs villes du delta du Nil, à Ismaïliya (sur le Canal de Suez) ou dans le nord du Sinaï, selon des témoins et des correspondants de l'AFP.

Au Caire, les manifestations qui ont débuté dans le centre-ville près des bâtiments de la Cour suprême se sont étendues au quartier de Mohandessine, dans l'ouest de la capitale où 2 à 3.000 personnes se sont rassemblées, et à d'autres parties de la ville.

Ces manifestations à l'appel de mouvements pro-démocratie, très actifs notamment via les réseaux sociaux sur internet, réunissaient de très nombreux jeunes.

De 20 à 30.000 policiers étaient mobilisés au Caire pour faire face à ces rassemblements, selon les services de sécurité.

(Source AFP)
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Posté le 25/01/2011 à 18:48:50 (id:146239)
Où va la Tunisie ? Victoire : Ben Ali dégage !
http://www.cadtm.org/Victoire-Ben-Ali-degage

14 janvier par Fathi Chamkhi

C'est officiel, notre révolution vient de remporter une victoire décisive ; Bien Ali a 'dégagé'. C'est là notre revendication essentielle que nous venons de satisfaire grâce à notre révolution. Nous sommes très contents, nous pleurons de joie...

C'est vrai que nous ne mesurons pas encore l'ampleur de ce que nous venons d'accomplir.

Par ailleurs, la formule de gouvernement qui vient d'être annoncée à la télévision d'Etat, à savoir que le 1er Ministre assume la fonction de Président de la République, est une formule rafistolée dans une situation d'affolement et de ce fait faible et risque d'être très instable. De plus, cette formule requiert les remarques suivantes :

- Le pouvoir de Ben Ali est tombé, mais son régime est toujours en place. Nous refusons que ce régime, à travers le Parti/Etat au pouvoir et ses partis satellites et la pseudo-opposition indépendante qui s'est démarquée des masses en acceptant que Ben Ali reste au pouvoir, confisque les fruits de notre révolution en tentant de se maintenir en place.

- En 1987, le régime a connu une crise grave. La solution appliquée a été celle du régime lui-même, sous la forme du coup d'Etat de Ben Ali. Aujourd'hui, la solution de la crise de ce même régime vient d'être imposée par la révolution. De ce fait, il sera très difficile au régime d'imposer aux masses sa propre solution. D'autant plus que ces masses ont montré, au cours des 29 derniers jours, une clairvoyance politique et détermination dans la lutte qu'il sera difficile à qui que ce soit de s'approprier ce que les masses ont arraché si durement.

- Il est vrai maintenant que, en l'absence de direction politique de la révolution, ce qui est en soi assez original et en l'absence aussi de structures politiques issues de la révolution et face à la faiblesse de l'opposition indépendante et surtout de son incapacité à pouvoir dépasser l'horizon du pouvoir de Ben Ali, il n'existe pas actuellement d'expression politique organisée qui répercute les revendications des masses.

- Rappelons que quasiment tous les partis politiques existants ne remettent pas en cause la politique économique libérale qui a terriblement fait beaucoup de dégâts en Tunisie, et qui de ce fait explique la révolution actuelle. Ce que demandent les masses populaires c'est justement un changement radical de la politique économique et sociale en cours, c'est ce qu'ils ont exprimé à travers les slogans qu'ils ont scandés.

Ceci étant dit, l'histoire qui s'est arrêtée en Tunisie pendant 23 ans, s'est accélérée au cours des 29 derniers jours, et les choses évoluent très rapidement et beaucoup de choses sont encore floues...

Tunis, 14 janvier 2011
Fathi Chamkhi
RAID-ATTAC/ CADTM TUNISIE
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Posté le 17/01/2011 à 17:04:03 (id:146205)
Les manifestations contre la vie chère se poursuivent en Algérie
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/01/07/les-manifestations-contre-la-vie-chere-se-poursuivent-en-algerie_1462134_3212.html

LEMONDE.FR avec AFP | 07.01.11 | 08h33

Les émeutes lancées en Algérie par des groupes de jeunes contre la cherté de la vie se sont étendues jeudi soir et ont gagné en violence sans qu'il ait été fait état de victime, selon de nombreux témoins et la presse. De nombreux quartiers d'Alger ont été touchés par les émeutes jeudi dans le centre et la périphérie, amenant nombre de commerces à baisser leurs rideaux dès le début de l'après-midi et le centre-ville était vide de voitures en début de soirée mais bondé de jeunes gens.

Le quartier huppé d'El Biar situé sur les hauteurs a été pris d'assaut par une quarantaine de jeunes armés de sabres qui se sont attaqués à de nombreuses boutiques en début de soirée, ont constaté des journalistes. Ils ont saccagé un restaurant et vidé une bijouterie en emportant un important butin selon les habitants du quartier, avant de se retrouver encerclés par les forces de sécurité.

Le quartier populaire de Bab el Oued connaissait pour la seconde nuit consécutive d'importantes manifestations. La police lourdement armée et venue en nombre dès la fin de l'après-midi dans cette zone très densément peuplée, a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, selon un témoin. En début de soirée dans ce quartier traditionnellement à la pointe des manifestations, de petits groupes s'étaient positionnés en de nombreux endroits faisant face à des policiers munis de matraques ou d'armes automatiques. Mais en milieu de soirée, aucun coup de feu n'avait été entendu.

A l'est d'Alger, en direction de l'aéroport, des abris de tramway encore en construction ont été saccagés. Dans le quartier dit des Bananiers, lors d'un face-à-face avec la police, des manifestants lançaient des pierres contre les policiers pour les empêcher de traverser un pont. Ces policiers devaient, selon les dires de l'un d'eux, aller prêter main-forte à leurs collègues qui défendaient des commerces tout proches contre les saccages.

Dans le quartier est de Belcourt, une zone pauvre aux maisons à moitié détruites et très densément peuplée, des pneus brûlaient dans des rues bondées où peu de voitures s'aventuraient. Un peu plus haut sur les collines, un témoin a raconté avoir vu un second garage Renault incendié, tout comme celui, mercredi soir situé à Bab el Oued. Le site du consulat de France a recommandé dans la soirée la plus grande vigilance à ses quelque 23 000 ressortissants de la wilaya d'Alger.

En Kabylie, à Bejaia, à quelque 260 km à l'est d'Alger, tout comme à Boumerdes, plus proche de la capitale, les manifestants avaient dès l'après-midi coupé les routes principales avec des arbres notamment ou des pneus enflammés. Selon un témoin, le tribunal d'Akbou, près de Bejaia a été incendié en fin de journée. Un peu plus loin vers la frontière tunisienne à Annaba, les forces de sécurité se sont renforcées surtout autour des bureaux de la wilaya (département) mais la situation était calme. En revanche, la contestation a gagné plusieurs quartiers populaires de Constantine, la grande métropole de l'est algérien, en début de soirée, où des manifestants ont coupé plusieurs routes avec des pneus en feu, a indiqué un habitant.
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Posté le 07/01/2011 à 10:38:43 (id:146148)
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